Nicolas Faure : « Sur le Coronavirus, les spécialistes se sont plantés en beauté ! »

Nicolas Faure : « Sur le Coronavirus, les spécialistes se sont plantés en beauté ! »

Entretien réalisé par Breizh-Info le 21 mars 2020

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, les tweets de Nicolas Faure sont particulièrement incisifs, réfléchis, suivis et relayés, ce qui nous a amené à l’interroger, afin de recueillir son analyse au sujet de ce virus et de ses conséquences en France.

Entretien sans langue de bois, une des caractéristiques appréciables de Nicolas Faure.

Breizh-info.com : Tout d’abord, en tant que journaliste et observateur de la vie politique et sociale en France, quelles sont vos principales analyses, interrogations, conclusions sur cette épidémie qui se déroule actuellement ?

Nicolas Faure : Avant tout, il est très important de bien comprendre que je ne suis pas un expert en virologie ou en épidémiologie. Néanmoins, l’une des premières leçons les plus éclatantes de cette épidémie de coronavirus, c’est pour moi le fait que la quasi-totalité des spécialistes de la question se sont plantés en beauté.

L’immense majorité des spécialistes estimaient, soit que la France ne courrait aucun risque de contamination du fait de la distance séparant notre pays de la Chine, soit que ce virus était une sorte de grosse grippe. Or, cette grande majorité d’experts s’est trompée.

Heureusement, certains spécialistes, comme Eric Feigl-Ding ou Marc Lipsitch avaient vu arriver la catastrophe.

Aujourd’hui, cette grande majorité de relativistes a complètement retourné sa veste et hurle à la crise sanitaire.

Pourquoi cette cécité de tant d’experts pendant près de 3 mois ? C’est une question dont la réponse n’est pas évidente. Est-ce un manque de données ? La réponse est négative. Très tôt, on savait que ce virus était hautement contagieux. On savait aussi que le taux de mortalité était relativement élevé et surtout que le taux d’hospitalisation de cas graves était très important, au point de pousser les Chinois à construire plusieurs hôpitaux éphémères.

Était-ce une incapacité à comprendre que notre monde globalisé rendait inéluctable l’arrivée de l’épidémie ? Je ne pense pas non plus même si c’est sans doute une petite partie de la réponse.

La vérité, c’est qu’il me semble que ces spécialistes ont voulu jouer les vieux sages plutôt que les guerriers. Le relativisme total des médecins médiatiques est à mon sens plus une conséquence d’une forme de sentiment de supériorité médicale que le résultat d’une analyse rationnelle de la situation.

En tout cas, si je ne devais retenir qu’une seule observation de cette crise, c’est bien celle-là : nous sommes dirigés par des personnes qui n’ont aucune hauteur de vue, aucune capacité d’analyse transversale.

Et, évidemment, le gouvernement français a été d’une incurie absolue. Nos dirigeants semblent incapables de s’entourer de conseillers lucides, c’est tout simplement stupéfiant.

Pour le reste, sur le plan purement médical, j’ai rédigé un article vers lequel je renvois vos lecteurs. Pour résumer, il me semble que la mortalité réelle (sur l’ensemble des cas de contamination, y compris ceux non-testés et asymptomatiques) est comprise entre 0,5 % et 1 %. C’est un taux élevé mais pas non plus catastrophique.

Le vrai problème, c’est le taux de placement en soins intensifs qui doit être à peu près du même ordre et qui risque de mettre à genoux le système hospitalier français et donc d’entraîner une catastrophe sanitaire sans précédent depuis la grippe espagnole de 1918.

Pour le reste, ce virus a des conséquences économiques indirectes extrêmement graves. En désorganisant totalement le tissu économique et industriel français, européen et mondial, il risque de créer de graves dysfonctionnements ponctuels.

Vous n’êtes pas spécialiste de santé, mais vous intervenez énormément à ce sujet sur les réseaux sociaux. Comment ne pas tomber dans la fausse interprétation, dans la fausse information ?

Nicolas Faure : Je ne supporte plus les personnes, et d’autant plus les personnalités publiques, qui relaient des informations erronées. Une seule règle : vérifiez toujours l’information et ne cédez pas à la tentation de faire le « buzz » !

La crédibilité d’une personnalité – et donc des causes qu’elle porte par ailleurs – passe nécessairement par la vérification de toutes les infos diffusées.

Pour cela, il suffit de récupérer les infos auprès de sources crédibles et de ne pas hésiter à les recouper si elles paraissent trop belles !

Je consulte très régulièrement les études scientifiques dont je partage les conclusions par exemple.

Que vous inspire le comportement de ces nombreux Parisiens qui, après avoir potentiellement inoculé le virus, se sont précipités dans des campagnes moins touchées ?

C’est un comportement très humain. La fuite vers un espace vu comme protégé est naturelle.

Cependant, la civilisation nous oblige souvent à taire nos instincts primitifs pour adopter des mœurs permettant au groupe de prospérer. En l’espèce, c’est donc contre-productif.

Premièrement, ils diffusent effectivement le virus aux quatre coins de la France.

Deuxièmement, ils déstabilisent totalement les lieux où ils arrivent en masse. Les locaux se sentent légitimement menacés par des personnes potentiellement contaminées et qui viennent imposer à leurs petits commerces ouverts hors-saisons des charges impossibles. Les réactions populaires de ces petits bouts de la France d’avant sont d’ailleurs assez réjouissantes !

Troisièmement, pour les Parisiens eux-mêmes c’est contre-productif. Ils quittent dans l’urgence un logement principal auquel ils sont habitués et vont passer des semaines dans une résidence secondaire faites pour les vacances, où ils s’ennuieront très vite. Par ailleurs, les supermarchés locaux n’ont pas la capacité de nourrir subitement une population complètement inattendue. Enfin, l’offre de soins est bien moins importante qu’à Paris.

Logiquement, cette situation absurde d’exode des Parisiens n’aurait pas dû avoir lieu car le confinement général n’aurait pas dû être décrété.

Dans un monde idéal, les gouvernants auraient anticipé l’épidémie et mis en place un programme de test massif de la population et imposé des règles strictes de distanciation sociale : port du masque obligatoire, interdiction de la bise et du serrage de main, restriction des grands rassemblements, etc. C’est ce qu’a fait la Corée du Sud en arrivant à contenir l’épidémie tout en sauvant son économie… et en évitant des ruées de Parisiens en province !

Plus globalement, à quoi vous attendez-vous comme comportements dans les grandes métropoles notamment ? Il semblerait que les dérapages commencent. Le mythe du « vivre ensemble » et de « la République une et indivisible » pourrait-il prendre un sacré coup ?

Je pense qu’on entre dans l’inconnu. Les quartiers « sensibles », remplis d’extra-Européens peu respectueux des consignes gouvernementales, peuvent-ils s’embraser ?

Si je suis certain qu’il y aura bien quelques situations « chaudes » ponctuellement, j’ai quelques doutes sur un véritable embrasement des banlieues qui entraînerait un scénario à la Guerilla. En effet, la paix sociale restera en place tant que les esprits pourront être occupés par les smartphones et les consoles de jeux.

Ce qui permettra vraiment à la fable du « vivre ensemble » de s’effondrer, c’est une panne électrique généralisée et durable plutôt qu’une épidémie.

Je pense néanmoins que, à défaut d’une situation insurrectionnelle qui déchire définitivement le voile sur la situation désespérée de la France, nous aurons le droit à de multiples scènes de chaos du quotidien qui ouvriront énormément les yeux de ceux qui croient encore vraiment au mythe égalitariste. Les smartphones sont autant les chaînes qui retiennent le système en neutralisant les masses, que les outils qui permettent de voir le réel en HD sur tous les écrans. Cette épidémie est donc, de ce point de vue-là, une situation très intéressante.

Il semblerait que les Français, s’ils commencent à respecter les mesures de confinement (pas partout), ne prennent pas encore conscience de l’après, et de la crise économique, bien plus grave, qui  nous attend une fois le virus passé. Votre analyse à ce sujet ?

Personnellement, je pense que l’effondrement économique est quasi-impossible, sauf catastrophe majeure. Ce n’est donc pas une épidémie de gravité moyenne voire faible qui va entraîner de graves conséquences sur le long terme.

Rendez-vous bien compte que si cette situation sanitaire avait été bien gérée, nous aurions surmonté cette crise de manière plutôt aisée !

Certes, il y aura quelques retombées très importantes, notamment économiques. Mais le système survivra.

Pour moi, l’important est ailleurs. Je pense que les Français, qu’ils soient complètement déconnectés des préoccupations sanitaires ou bien experts virologues, ont montré qu’ils étaient à égalité face au retour du réel incarné par cette épidémie. L’immense majorité des Français, même les plus éduqués, semble incapable de comprendre les implications de phénomènes pourtant simples à analyser. Imaginez que tous les éléments sur la dangerosité du virus sont bien établis depuis des semaines voire des mois ! Et les spécialistes, les journalistes, les médecins, les hommes politiques, etc., tous ont découvert cette dangerosité il y a quelques jours seulement !

C’est stupéfiant mais c’est la réalité : nous vivons dans un monde où la hauteur de vue de nos élites a complètement disparu.

Si des spécialistes et des « élites » ont eu autant de mal à analyser et prévoir l’arrivée probable d’un virus dont nous connaissions pourtant très bien la contagiosité et la dangerosité, imaginez ce que des sujets bien plus complexes provoquent chez nos « élites ». Ils ne sont pas près de voir en face les conséquences de leur incurie idéologique qui, par le biais de l’égalitarisme, du cosmopolitisme et de l’ethnomasochisme, entraîne la destruction de la civilisation européenne.

À nous de leur ouvrir les yeux, de gré ou de force.

Entretien avec Nicolas Faure réalisé le 21 mars 2020

Source : Breizh-Info

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